J’avais repéré ses animaux sous cloche lors d’un pop up store, et j’ai eu la chance de rencontrer Florigami dans un stage de céramique. Cette créatrice « d’objets déco en origami sous cloche et sous cadre », dont le souhait est de « faire du bien aux yeux », est aussi épanouie et majestueuse que son cerf fétiche. Un véritable antidote au manque de confiance en soi ! J’ai eu envie d’en savoir plus sur elle et sur sa démarche créative et elle m’a très gentiment reçue dans son espace de création. Le lieu où cerfs, dragons ou encore perroquets sont imaginés puis pliés à la main par la créatrice dans un beau papier de soie…

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Depuis quand date ta passion de l’origami ?
Ma passion pour l’origami a commencé il y a très longtemps, je devais être au collège ou en primaire. Ma mère m’a emmenée à un atelier origami à la bibliothèque. Je n’avais jamais fait d’origami de ma vie, mais du jour où j’en ai fait dans cet atelier, c’est tout ce qui comptait pour moi. J’ai fait des pieds et des mains pour que mes parents m’achètent des bouquins. En trois noëls j’ai eu toute l’encyclopédie de l’origami, et à chaque fois que je recevais un livre en cadeau, j’ai fait tous les origamis. J’avais des boîtes remplies d’origamis.

Juste pour le plaisir ?
Pour le plaisir, oui et puis il faut éduquer ses mains. Plier c’est développer une sensibilité dans les doigts. Il faut être sûre d’un pli, sans même le regarder. Mais je n’ai pas fait que de l’origami, j’ai fait plein de trucs, du cartonnage, de la pâte à sel, de la mosaïque, des meubles en carton, des perles, … J’ai toujours eu une passion pour le bricolage.

Et pourtant tu n’as pas une formation initiale en art ?
Non, pas du tout. Je suis Docteur en géophysique, j’ai fait une thèse sur les mouvements des roches dans le manteau terrestre, ça n’a rien à voir.

Penses-tu que ça t’aurait apporté quelque chose en plus de faire une formation en Arts Appliqués ?
J’ai des amis aujourd’hui qui ont fait ces formations, pour eux c’était le paradis et pour moi c’est un paradis auquel je n’ai jamais eu accès. Si j’avais su que ça existait à l’époque, j’aurais fait des pieds et des mains pour accéder à ce genre de formation. En même temps je ne pense pas que le fait que je n’ai pas fait ces études soit un problème aujourd’hui. Je suis très satisfaite de tout ce que j’ai construit. Je sais en quoi ma formation scientifique m’a servi et j’ai des compétences que les autres n’ont pas. Par exemple je n’ai aucun problème pour calculer mes coûts, faire des fonctions, j’ai développé un programme informatique pour savoir combien je dois gagner pour me libérer un salaire, mes prévisions pour l’avenir etc.  J’ai appris à m’organiser aussi. À tenir aussi, au moins pendant trois ans, parce que la thèse c’est un marathon, ce n’est pas un sprint. Et faire de la gestion de projets…

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Comment t’es-tu fait connaître ?
Le salon Création et savoir faire, avant tout pour la presse, et surtout les réseaux sociaux. Au début je n’avais pas de produit, alors j’ai fait un projet artistique. Pendant 1 an j’ai fait un origami par jour, je l’ai mis en scène, pris en photo et partagé sur les réseaux sociaux. Ça m’a permis d’acquérir beaucoup d’abonnés, de me perfectionner, et de montrer que j’avais une expertise dans l’origami.

Comment est-ce que tu crées tes collections ?
Je ne crée pas énormément de modèles parce que c’est long de concevoir un origami. Au début je pensais que j’allais faire 4 collections par an, et j’ai finalement fait une collection par an. Pour l’instant je m’y suis tenue, 2014, 2015, 2016, à chaque fois une collection et à chaque fois 4 ou 5 origamis. Pas plus, parce que le temps de développement est long et pendant ce temps on doit continuer à assurer les ventes, commencer à imaginer aussi comment on va les mettre en valeur, préparer le shooting etc… Il ne faut pas croire qu’une collection, c’est « juste » des origamis.

Quelle est ta démarche créative, une fois que tu as choisi un animal, comment arrives-tu à ce modèle plutôt qu’un autre ?
Je regarde beaucoup de photos, je me renseigne sur leurs différentes couleurs, quelle est leur classification… Je ne vais pas très loin, mais je me renseigne. L’antilope, le premier origami, est un modèle traditionnel. Ma démarche était plus le tri des modèles existants. Le cerf, c’est une création personnelle sur le modèle précédant, les  cornes n’existaient pas. La licorne est aussi une création à partir d’un modèle de cheval. L’origami c’est un art qui se construit sur les autres. On améliore. Je n’utilise que mes doigts, c’est de la création à partir de la matière. Je ne dessine pas, je plie. Je ne saurais pas théoriser sur mes créations. Je fonctionne au feeling. Pourquoi j’ai choisi cette forme de cheval pour la base de la licorne ? Parce que esthétiquement elle me plaisait, mais je ne saurais pas mettre des mots dessus. Tout ce que je fais, je fais en sorte que ce soit équilibré, mais cet équilibre c’est au feeling. Je fais des essais, jusqu’à ce que la forme finale me plaise.

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Comment trouves-tu l’inspiration ?
Je suis assez frustrée du manque de nature dans nos vies. Sinon je ne ferais pas d’animaux, mais je ferais des formes géométriques par exemple. Et surtout je me demande ce que veulent les gens. C’est vraiment comme ça que je fonctionne : on me demande tout le temps des animaux, je leur attribue un point à chaque fois qu’on me le demande… Ours, loups, tortue, dauphins,… Je ne suis pas une artiste au sens strict, c’est à dire quelqu’un qui fait exactement ce qu’il veut. Je me définis plus comme artisan, je mets mes compétences au service des autres en fabriquant ce que les autres veulent. Et j’ai des side projects qui me permettent de m’exprimer en tant qu’artiste.

Tu peux nous en parler ?
Le fait de s’accomplir dans une passion fait gagner énormément de confiance et aujourd’hui j’ai l’impression que je peux tout faire. Il y a encore quelques années je n’aurais jamais pensé pouvoir faire Florigami. Maintenant que je l’ai fait, que je sais que des gens dans le monde entier ont chez eux des choses que j’ai faites, ça donne une telle confiance que tous les projets que j’avais en tête et que je pensais ne jamais pouvoir faire aboutir, aujourd’hui je suis sûre que je vais y arriver. Donc j’ai plein de projets, que je réalise dans les transports ou le soir… J’ai toujours eu plein d’idées, et comme dans mon boulot j’exerce ma créativité, toutes mes idées reviennent, c’est comme un muscle la créativité.

Mais tu arrives à trouver le temps ?
Pour Florigami, je fais 35 heures, que je consacre entièrement à Florigami. Je ne travaille pas le soir, ni les week-end, sauf à Noël. Le temps, on en fait ce qu’on veut. Moi je me dégagerai toujours du temps pour les activités perso. Quand on est son propre chef et qu’on vit vraiment de sa passion, plus on en fait, plus on a envie d’en faire.

Peux-tu me décrire une journée type ?
Quand j’arrive j’emballe les commandes que j’ai préparées la veille. Je n’allume pas forcément mon ordinateur. Ensuite je m’occupe de la gestion des commandes de la nuit. Comme je vends beaucoup aux Etats-Unis, j’ai beaucoup de commandes la nuit. Donc le matin je dois écrire au client pour lui expliquer que son produit partira tel jour, qu’il arrive tel jour chez lui. Je ne suis pas obligée de faire ça mais c’est ma conception personnelle de la relation client. Ça prend du temps.
Ensuite il y a toujours 20 minutes de communication, je fais une photo par jour donc j’y réfléchis, je mets en ligne sur les réseaux sociaux. Ça permet de maintenir un lien quotidien avec de potentiels clients et j’ai eu un certain nombre de ventes via instagram. Il y a une audience, et ça me permet aussi de documenter mon aventure. Tous les jours, sauf exception, je documente.
L’après-midi est dédié à l’informatique : amélioration des fiches produit, veille technique et concurrentielle, rédaction de communiqués de presse, recherche de base de données pour la presse. J’étudie aussi les fiches de mes clients, pour mieux les connaître, savoir ce qu’ils aiment pour continuer à les satisfaire. Je recherche aussi en permanence de nouveaux fournisseurs pour améliorer la qualité. Ensuite je prépare les commandes, je réalise les origamis.

Quels sont tes projets pour Florigami ?
Déjà, dès que c’est possible, j’aimerais embaucher, pour m’aider à la fabrication. La fabrication c’est ce qui a de plus facile à transmettre à une personne manuelle qui pratique l’origami. J’ai appris à ne plus avoir peur de l’inconnu. Je fais constamment des choses que je ne faisais pas avant, et je n’ai plus peur de les faire.

à venir : les conseils de Florigami pour de futurs entrepreneurs créatifs !

Pour en savoir plus sur Florigami et faire des supers cadeaux de Noël c’est sur sa boutique Etsy 

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